Henri Bertini
1798 - 1876
Pianiste virtuose
Compositeur de musique

 

Henri Bertini, aujourd'hui tombé dans l'oubli, fut un pianiste virtuose doublé d'un compositeur de musique. Né en 1798 d'une famille de musiciens, il est un enfant prodige et à 12 ans, donne des concerts dans différentes villes d'Europe. Comme exécutant, il s'est placé au rang des premiers artistes. Moins virtuose que Kalkbrenner ou Herz, Bertini avait un ensemble de procédés, une exécution personnelle d'une rare valeur et d'un excellent modèle.
Connu surtout pour ses études et sa méthode de piano, son œuvre préromantique se compose de 180 opus et renferme près de 500 morceaux dont de nombreuses compositions pour piano à deux et à quatre mains, des variations sur des airs d'opéras, de charmants sextuors, des duos, des trios, un nonetto, des symphonies.
D'un style original et riche en idées musicales, Bertini se révèle être un compositeur agréable méritant d'être redécouvert.
Egalement a été analysée l'œuvre, encore plus méconnue, de son frère Auguste.
Une liste des compositions avec la localisation des partitions rendra enfin aux musiciens les plus grands services dans leurs recherches.

Il vous est proposé au prix public de 21,40 Euros T.T.C. (port en sus : 4 Euros).
     Nombre de pages : 256
     Format : 18 x 24 cm
     Illustrations N&B et couleurs
     ISBN : 2-9513494-1-6

 
 

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Henri Bertini, connut la célébrité et, de son vivant, reçut les honneurs du dictionnaire.
Ainsi pouvait-on y lire en 1867 :

Bertini (Henri Jérôme), né à Londres en 1798, est un des pianistes les plus distingués de notre époque et un compositeur d'un rare mérite. M. Bertini eut
pour professeur son frère, qui lui inculqua les principes de Clémenti. Au retour de divers voyages qu'il fit en Hollande, Allemagne et en Angleterre, M.
Bertini se fixa à Paris vers 1821. Sous le rapport de l'exécution, M. Bertini appartient à l'école éclectique. Son jeu sobre et large, qui rappelle celui
d'Hummel, n'exclut en rien chez lui le côté brillant de l'exécution. Comme compositeur, M. Bertini joint à un style grave un goût détaché et fin. Ses œuvres
portent un cachet d'élégance, de distinction et même d'originalité qui lui a toujours valu l'approbation des connaisseurs et lui a enfin concilié la faveur du
public. Des deux cents œuvres environ qu'il a composées pour le piano, les plus populaires et les plus justement admirées sont ses Etudes pour le piano. M. Bertini réside actuellement aux environs de Grenoble. Il a pris une part active à la rédaction de l'Encyclopédie pittoresque de la musique, et publié un livre didactique sous le titre de : Le Rudiment du pianiste.

Henri Jérôme Bertin dit Bertini, pianiste virtuose et compositeur, était issu d'une famille de musiciens. Il naquit le 28 octobre 1798 à Londres à la fin du séjour de ses parents. Il était âgé à peine de six mois lorsque sa famille revint à Paris. Il reçut de bonne heure les leçons de son père. Dès son jeune âge, il se révèle être un enfant doué aux progrès très rapides.

A douze ans, sous la conduite de son père, l'enfant donna plusieurs concerts dans différentes villes. Durant l'un d'entre eux, le grand musicologue Fétis le rencontra à
Bruxelles en 1811. Il le commenta ainsi : " Le talent de son exécution excitait l'admiration des connaisseurs. " L'enfant Bertini parcourut ainsi les Pays-Bas et
l'Allemagne du Rhin, et obtint partout des applaudissements. Pendant tout ce voyage, il continua de travailler avec soin sous la direction de son père. De retour à
Paris, il y fit un court séjour et suivit des études d'harmonie et un cours de composition, puis se rendit en Angleterre et en Ecosse, où il passa quelques années. On le
retrouve ensuite à Bruxelles avec son père où il s'installe alors comme professeur de piano.

A Bruxelles, le 16 avril 1820, Bertini fit jouer au Théâtre de la Monnaie, un opéra comique en un acte, Le jaloux dupé, sur des paroles de Camille Mellinet. En
1821, il s'établit à Paris. Bertini se trouve dans une époque où le piano connaît une grande faveur dans le public. Naturellement, il joue dans les concerts à Paris. On connaît, par les journaux musicaux de l'époque, quelques-uns de ses concerts.

Le 20 avril 1828, il joue aux salons Pape avec Franz Liszt, qui commence sa brillante carrière. Bertini venait de transcrire pour piano la symphonie en la majeur de
Beethoven en l'arrangeant pour huit mains. Bertini, Liszt, Sowinski et Schunke jouèrent ensemble la transcription.

Le mois suivant, il joue avec son ami Fontaine au violon un concert des œuvres de son ami Ferdinand Sor.
Bertini devient donc un concertiste à la mode. Il se produit non seulement à Paris mais aussi en province. Par exemple, le 10 mars 1833, il donne avec son ami le
violoncelliste Franc-homme une matinée musicale dans les salons Pleyel. Au programme, il met un nouveau sextuor, son deuxième :

C'est avec plaisir que nous parlons d'artistes du mérite de MM. Bertini et Franchomme, parce que chaque occasion qui s'offre à nous de les nommer en est une de leur donner les éloges auxquels ils ont tant de droits. L'un, fort de sa conscience et de son amour pour l'art, a su résister à l'envahissement du mauvais goût, et, conservant au piano sa destination primitive, en a fait l'esclave du compositeur et non pas celui de l'exécutant. L'autre, au sortir des bancs d'école, s'est placé au-dessus des plus habiles violoncellistes. C'est, le répéterons-nous, un vif contentement pour nous de trouver de vrais artistes sur notre chemin, habitués que nous sommes à heurter tant de médiocrités.

Un nouveau sextuor de M. Bertini a ouvert cette séance intéressante. Ce morceau est sous tous les rapports digne d'être placé sur la ligne des œuvres du
même genre et du même auteur pour lesquels nous avons exprimé si souvent notre estime. La partie de piano n'est pas rendue importante aux dépens des
autres instruments ; défaut qu'évitent à grand peine les pianistes qui composent de la musique d'ensemble. Chaque voix, dans le chœur instrumental, a son rôle qu'elle conserve suivant son importance, sans essayer d'écraser les autres voix. Le second et le troisième morceau du sextuor nous ont semblé surtout remarquables entre les autres. La mélodie en est élégante et pure ; la disposition originale entre les différentes parties décèle une main habile. Ce morceau est un des mieux qu'ait écrits M. Bertini.

M. Franchomme a exécuté un morceau composé sur un thème du Pirate et un duo pour piano et violoncelle avec M. Bertini. Toutes les qualités qui
constituent un habile violoncelliste se trouvaient réunies chez M. Franchomme : volume et justesse du son, brillant de l'archet, manière de phraser large et expressive. Enfin, nous l'avons dit, presque encore élève, ce jeune artiste s'est placé par son talent à la tête des violoncellistes français.
L'un des derniers quintettes de M. Onslow a été exécuté à cette matinée.

A Paris, le monde de l'exécution pianistique de cette époque est dominé par des virtuoses du piano tels que Kalkbrenner et Thalberg ; d'autre part, on découvre de
plus en plus Liszt et Chopin. Aussi, il a fallu beaucoup de temps à Bertini pour être connu et apprécié à sa juste valeur. Ses contemporains estimaient que le jeu de
Bertini, sans être sévèrement classique, avait "de la gravité et de la largeur". Il fut classé comme un virtuose de l'école de Hummel sachant allier, comme lui, la
sobriété et l'élégance :

Comme virtuose, il s'est placé au rang des premiers artistes en son genre. Son talent d'exécution appartient plutôt à l'école mixte dont Hummel est le maître
qu'à l'école actuelle. Il joue avec sagesse et avec largeur, sans renoncer toutefois au brillant qui est dans la nature de l'instrument.

Dans un article publié deux mois après sa mort, Marmontel décrivit la manière de jouer de Bertini :

Son jeu tirait de Clémenti par la régularité et la clarté dans les traits rapides, mais la qualité du son, la manière de phraser et de faire chanter l'instrument participaient de l'école de Hummel et de Moschelès. Moins virtuose que Kalkbrenner et Henri Herz, Bertini avait pourtant un ensemble de procédés, une exécution toute personnelle, d'une rare valeur et d'un excellent modèle.

Il est fort probable que Berlioz et Bertini se connaissaient. Mais l'auteur de L'Enfance du Christ ne le mentionne ni dans ses Mémoires ni dans les lettres qu'il
écrivait. Il en existe toutefois une que Berlioz écrivit à Bertini vers 1830. Il désirait aller le voir avec son ami M. Richard, hommes de lettres, traducteur des Contes
d'Hoffmann et excellent musicien. Dans cette lettre, Berlioz écrivait qu'il était lui-même un grand admirateur du génie de Bertini et que sa musique "lui fait battre le
cœur énergiquement". Il ajoutait de plus :

Je ne connais encore que vos études et votre sextuor, mais quand j'y pense et que je vois tant de misérables barbouilleurs de papier et marteleurs de piano avoir des réputations ... que je voudrais pouvoir les réunir en un seul homme afin de les stigmatiser comme ils le méritent ...

Egalement, le critique musical qu'était Berlioz devait écrire un article sur la Méthode pour piano dans le Journal des Débats du 9 juillet 1843 :

Nous devons signaler maintenant, parmi les ouvrages théoriques les plus utiles à l'étude du piano, la méthode de H. Bertini. Les professeurs à qui cette
méthode est dédiée ont su reconnaître son incontestable supériorité et l'ont adoptée dès son apparition ; elle se répand de plus en plus, et bientôt elle sera
d'un usage général, car nulle autre n'est conçue sur un plan aussi rationnel. En outre, prenant l'élève à son début et le menant jusqu'aux grandes difficultés, elle n'exige aucun autre ouvrage auxiliaire, guide-mains, dactylion, etc. Elle est complète à tous égards.

H. Bertini vient en outre de publier cinquante études mélodiques fort remarquables et la collection des préludes et fugues de Sébastien Bach, arrangés à
quatre mains. Ces chefs-d'œuvre classiques deviennent ainsi accessibles aux pianistes d'une force ordinaire, qui ne pouvaient jusqu'à présent envisager sans effroi les difficultés innombrables présentées par cette musique dans la forme primitive qu'elle reçut de l'auteur.

Vers 1848, un changement apparaît nettement chez Bertini. Est-ce le décès de sa seconde femme qui en est la cause ? Est-ce le fait qu'il ne s'est pas imposé comme
Chopin ou Liszt ? Toujours est-il que cette année-là, il publie son dernier sextuor qu'il a dédié à Berlioz. C'est l'opus 173. Il est suivi par une fantaisie sur un opéra
de Rossini. Ce sera la dernière composition. Il se consacre désormais à achever l'ensemble de sa collection d'études, c'est-à-dire cinq livres de vingt-cinq études qui
seront publiés finalisant ainsi tous les degrés nécessaire au pianiste. Il décide aussi de quitter Paris et de se retirer dans le Dauphiné. Il suit en cela la même démarche
que Rossini et se fait volontairement oublier. On expliqua "qu'il n'aimait pas le monde". Ses idées s'étaient également portées vers la religion. Il s'établit à Grenoble
puis dans une petite ville voisine, Meylan. Dès lors, il ne joua plus en public et ce n'est qu'à de très rares intervalles qu'il donnait quelques morceaux de piano à ses
admirateurs. Il ne composa pratiquement plus hormis une série d'esquisses musicales, quelques chants et quelques messes. A partir de 1860, on ne trouve plus
aucune mention d'une activité musicale.

Dans ses dernières années, Bertini aimait à faire de fréquentes visites à la Grande Chartreuse. Il y improvisait à l'orgue des mélodies inspirées de ses sentiments
religieux. Il restera à Meylan, vieillissant dans le calme et la sérénité. Il mourut dans sa propriété, pieusement et entouré de sa famille, le 30 septembre 1876.
 

Bertini fut surtout un compositeur. On lui doit un grand nombre d'œuvres et ses numéros d'opus arrivent au numéro 180. On y trouve vingt livres d'études contenant
quelque cinq cents morceaux, des trios pour piano, violon et violoncelle, des sérénades en quatuor, des sextuors, des fantaisies, des rondeaux, un nonetto pour piano et instruments à vent, des solos de concours, des nocturnes, des préludes, des variations sur des thèmes originaux, plusieurs symphonies, deux messes et des
morceaux de musique religieuse, les préludes et fugues de J. S. Bach arrangés à quatre mains.
 

Extrait du catalogue : les opus 151 à 159 :

151 Fantaisie brillante pour piano sur des motifs favoris de Maria di Rohan de Donizetti
          Edité au Bureau Central de musique. 1843. 13 pages
          Cotage : B. C.
              B.N.F. : Vm12 3091, C.M.P. : D 979 (15)
          Edité chez Ricordi. 1843. 13 pages. Cotage : 15628
              C.V.M. : 1.A.61.14
          Edité chez Lucca. Vers 1843. 13 pages. Cotage : 3893
              B.O.M.

152 Première Sonate pour piano et violon
          Dédiée à Cuvillon
          Edité chez Lemoine. 1844. Cotage : 2937
              B.N.F. : Vm7 10171, C.M.P. : L 1131 (1-3)
          Edité chez Schott. Vers 1845. Cotage : 7953
              B.R.B. : WBS Mus. 1922 C [M-MUS]

153 Deuxième Sonate pour piano et violon
          Dédiée à Alard
          Edité chez Lemoine. 1844. Cotage : 2938
              B.N.F. : Vm7 10171
              B.R.B. : WBS Mus. 1923 C [M-MUS]

154 Fantaisie valse, Elvina
          Edité chez Lemoine. 1844. 15 pages. Cotage : 2939
              B.N.F. : Vm12 3087

155 Grand Divertissement brillant pour le piano à quatre mains
          Dédié à Mr J. Roseheim
          Edité chez Lemoine. 1844. 29 pages. Cotage : 2940
                B.N.F. : Vm12 i. 216, C.M.P. : D 980 (9)

156 Troisième Sonate pour piano et violon
          Dédiée à Habeneck
          Edité chez Lemoine. 1845. Cotage : 2974
              B.N.F. : Vm7 10171
              B.R.B. : WBS Mus. 1924 C [M-MUS]

157 Deux Mélodies de Fr. Schubert, arrangées pour le piano à quatre mains
        N° 1. Ave Maria
            Edité chez Lemoine. 1844. 9 pages. Cotage : 2975
            C.M.P. : D 980 (8)
        N° 2. La Sérénade
            Edité chez Lemoine. 9 pages. Cotage : 2976
            C.M.P. : D 980 (8)

158 Les deux soeurs : Deux Romances sans paroles
        N° 1. Louise
        N° 2. Isabelle
        Dédiées à Melle Jenny Veny
        Edité chez Lemoine. 1845. 2 fascicules. 7 et 8 pages
        Cotage : 3037 et 3038
            B.N.F. : Vm12 3085, C.M.P. : D 979 (16)
            C.P.V.

159 Grand Duo à quatre mains sur les thèmes de Moïse, opéra de G. Rossini
          Edité chez Schott. 27 pages. Cotage : 8392
              N.Y.L.P.
          Edité chez Brandus
          Edité chez Hutchings & Romer, Londres. 1875. 27 pages
              B.L.L. : h 62 j (2)