Estelle Fornier
1797 - 1876
Premier et dernier
amour de Berlioz



Durant l'été 1815, le jeune Hector Berlioz, à l'époque un enfant de douze ans, éprouva pour une jeune fille de six ans son aînée, Estelle Dubeuf, une passion qu'il racontera avec enthousiasme dans un chapitre de ses Mémoires : Ravages de l'amour dans un cœur de douze ans. Innocente mais puissante passion qui le marquera pour la vie.
Pourtant Hector et Estelle ne se verront plus pendant une longue période de 49 ans. Au soir de sa vie, Berlioz éprouvera le désir de retrouver celle qu'il appelait volontiers sa Stella Montis. Il la reverra et entretiendra une longue correspondance.
Née en 1797, Estelle n'eut pas une vie facile. Après s'être dévouée pour ses parents, elle épousa un magistrat, Casimir Fornier. Devenue veuve, elle consacra le reste de sa vie à ses enfants et se retira à Saint-Symphorien d'Ozon. Mais elle illumina la vie de Berlioz et fut certainement son inspiratrice. Solitaire comme tous les génies qui ne trouvent point d'égaux parmi leurs proches, solitaire mais cependant débordant d'amour, Berlioz reporta sa puissance d'enthousiasme sur cette figure qui, à l'aurore de sa vie, fut la Juliette de ses rêves et durant toute son existence un idéal féminin inaccessible.
Pour la première fois, un livre est consacré à Estelle : sa vie, sa famille et la correspondance que Berlioz lui a envoyée.
Une riche iconographie est présentée.
 
 

Il vous est proposé au prix public de 24 Euros T.T.C. (port en sus : 4 Euros).
     Nombre de pages : 250
     Format : 18 x 24 cm
     Illustrations N&B et couleurs
     ISBN : 2-9516187-3-5
     Index des noms cités
 
 

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C'est durant les mois de l'été 1815 que le cœur d'Hector Berlioz palpitera pour Estelle. Il n'a pas encore douze ans alors qu'elle en a dix-huit. Ses Mémoires en sont encore pleins du charme :

Dans la partie haute de Meylan, tout contre l'escarpement de la montagne, est une maisonnette blanche, entourée de vignes et de jardins, d'où la vue plonge sur l'Isère ; derrière sont quelques collines rocailleuses, une vieille tour en ruines ; des bois, et l'imposante masse d'un rocher immense, le Saint-Eynard ; une retraite évidemment prédestinée à être le théâtre d'un roman. C'était la villa de madame Gautier, qui l'habitait avec ses deux petites-nièces dont la plus jeune s'appelait Estelle. Ce nom seul eut suffi pour attirer mon attention ; il m'était cher à cause de la pastorale de Florian (Estelle et Némorin) dérobée par moi dans la bibliothèque de mon père, et lue en cachette, cent et cent fois. Mais celle qui le portait avait dix-huit ans, une taille élevée et élégante, de grands yeux armés en guerre, bien que toujours souriants, une chevelure digne d'orner le casque d'Achille, des pieds, je ne dirais pas d'Andalouse, mais de Parisienne pur sang et ... des brodequins roses ... Je n'en avais jamais vu ... Eh bien, j'ai oublié la couleur de ses cheveux (que je crois noirs pourtant) et je ne puis penser à elle sans voir scintiller, en même temps que les grands yeux verts, les petits brodequins roses.

Il faudra que Berlioz attende 49 ans pour la revoir ! Au soir de sa vie, en septembre 1864, il la retrouve à Lyon ; ce sera le début d'une longue correspondance avec seulement 3 visites. Berlioz lui écrira en effet des lettres extraordinaires :